Rencontre avec Gustave, professeur de FLE (Français Langue Étrangère)

Aujourd’hui, la parole est donnée sur notre site à Gustave, un professeur de FLE qui a la particularité d’enseigner à des migrants. Comme nous allons souvent aborder ici le sujet du bavardage en classe, nous avons voulu savoir s’il était plus difficile encore de garder une classe dans le calme quand les élèves parlent très peu le Français et qu’ils viennent d’horizons variés.

Bonjour Gustave. Tout d’abord, merci d’avoir répondu à notre invitation. Comment êtes-vous devenu professeur de Français Langue Etrangère ?

A l’aube de mes 40 ans, j’ai souhaité évoluer vers une nouvelle carrière alors que ma vie d’informaticien ne me procurait plus réellement de plaisir au niveau professionnel. J’étais très à l’aise financièrement mais je ne trouvais pas vraiment de sens à ce que je faisais au quotidien. J’ai d’abord songé à devenir professeur des écoles mais la perspective de reprendre des études longues me rebutait un peu. Après avoir étudié plusieurs pistes, je suis tombé sur un MOOC sur le FLE qui m’a donné envie d’en savoir plus sur les perspectives offertes par un enseignement du Français en seconde langue. J’ai pu ensuite trouver une formation courte qui m’a permis d’obtenir un certificat d’aptitude à l’enseignement du FLE et ainsi commencer ma nouvelle carrière.

Beaucoup d’enseignants dans votre secteur sont dans une situation précaire, alternant des phases d’emploi et de vacances. Est-ce également votre cas ?

Non, je dois avouer que j’ai eu beaucoup de chance d’ailleurs. Avec tous les événements de ces dernières années, notamment en Syrie, de nombreux migrants sont arrivés en France et un besoin en professeurs s’est fait sentir. J’ai fait mes premières armes bénévolement puis un poste s’est crée dans ma ville et j’ai pu y accéder.

Comment se passe une classe typique de FLE ?

Je fonctionne avec moins de 12 élèves. C’est essentiel pour les aider à leur apprentissage et pour maintenir une bonne cohésion de groupe. La plupart d’entre eux ont eu des parcours chaotiques et cela nécessite du coup beaucoup d’attention et de suivi.

Sont-ils attentifs ou est-ce difficile de les gérer ?

Il arrive qu’il y ait des cas difficiles, notamment chez les plus jeunes qui peuvent avoir un déficit d’attention, mais la plupart du temps, ils sont au contraire très appliqués et très volontaires dans leur apprentissage.

Quelle est la clé pour garder une telle harmonie ?

Le fait d’avoir une classe réduite est forcément un avantage dans mon cas. Je ne pourrais pas avoir les mêmes résultats avec 20 élèves ou plus. Par ailleurs, je cherche en permanence à les faire participer. C’est essentiel pour un bon apprentissage d’une part mais aussi pour les maintenir à l’écoute et en éveil. Ils sont invités à participer individuellement et je fais chaque jour des travaux pratiques en petits groupes de 2 ou 3 personnes afin qu’il n’y ait pas de dissonance et qu’une cohésion se maintienne. C’est plutôt efficace.

Vous avez bien de la chance. Réussir à obtenir le silence absolu en classe est vraiment quelque chose de difficile.

Oui, je sais que mon type d’enseignement est particulier et je ne m’en plains pas, bien au contraire !

Merci en tout cas de nous avoir fait part de votre expérience. Bonne continuation à vous Gustave.

Merci à vous et bonne continuation également.

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